Comme l’exigait l’UNSA, le gouvernement retire l’âge pivot

Depuis la publication de la lettre du Premier ministre concernant la question de l’âge pivot, de nombreuses interprétations, parfois fausses, parfois incomplètes fleurissent.

Prenez le temps d'écouter les 20 minutes d'intervention de Laurent ESCURE, Secrétaire général de l’UNSA, à l'occasion du Grand Jury sur RTL : https://www.unsa.org/

Il y détaille l'analyse sur le retrait de la mesure d'âge ; la question de l'âge d'équilibre et les solutions de financement 100 % UNSA ; la revalorisation des enseignants ; la situation des agents de la fonction publique territoriale ; les avancées à obtenir sur la pénibilité et les combats de l'UNSA à venir.

Que pense l’UNSA du retrait de l’âge pivot ?

Cette mesure d’âge devait s’appliquer dès 2022. Pour l’UNSA, elle devait être retirée afin d'entamer des discussions. Sans ce retrait, des dizaines de milliers de salariés auraient été pénalisés dès 2022. C’est donc bien une avancée.

C’est pour nous une étape indispensable. Mais nous n’avons jamais dit que tout s’arrêtait le 12 janvier.

Évidemment, la bataille n’est pas terminée :  l’UNSA portera ses solutions à l’occasion de la conférence de financement en espérant qu’un compromis puisse se dégager.

Le gouvernement prendra des ordonnances pour transcrire dans la loi l’accord sorti de la conférence de financement.

En l’absence d’accord, les ordonnances comprendront des mesures inspirées des débats. Sera-ce le retour de l’âge pivot ? Si personne ne veut faire de pas vers les autres, si les uns et les autres se cantonnent au refus de tout et à l’absence de propositions, ce risque persistera. On peut cependant penser que l’effort ne sera pas partagé par les seuls salariés (comme le pluriel des mesures semble l’indiquer).

Le retrait de l'âge pivot est une avancée supplémentaire qui permet d'éviter un recul important.

Et l’âge d’équilibre que le courrier réaffirme ?

Cet âge d’équilibre serait présent dans le nouveau régime, c’est-à-dire en 2037, dès que la première génération concernée par le régime par points partira en retraite. Il n’est pas précisé comment.

Dans le régime actuel, il existe un "âge d’équilibre" lié au nombre de trimestres et d’annuités. À 62 ans, la retraite est diminuée d’une décote si le nombre d’annuités n’est pas atteint (42 ans en 2020 et 43 ans en 2035). Un nombre important de salariés part avec une retraite diminuée (parce qu’ils ont commencé à travailler tard ou en raison d’une carrière hachée) ou sont obligés de poursuivre leur activité professionnelle bien au-delà de 62 ans. Ainsi, 20 % des femmes partent à 67 ans.

L'âge d’équilibre prévu doit être modulé en fonction des durées de carrière (dispositif carrière longue) ou de la pénibilité des métiers. L’UNSA, dans le cadre des consultations ouvertes, va agir pour que les critères de pénibilité soient élargis et étendus au secteur public. L’action syndicale ne s’arrête pas ce soir ou demain. Pas après pas, marche après marche, l’UNSA tente de faire évoluer cet âge d’équilibre, par exemple en le diminuant si la situation démographique s’inverse.

La lettre du Premier ministre au SG UNSA du 11 janvier 2020